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Avec le conflit qui s’était éternisé, une troisième force était apparue. Une résistance, qui prônait l’insoumission tant aux fédérations qu’aux cartel, s’était organisée et immiscée dans le jeu entre les deux géants. Née dans les confins des agglomérations, elle avait trouvé un territoire idéal dans ces zones laissées en jachère par les cartels. Son idéologie d’opposition avait peiné à trouver sa voie car ses sympathisants et activistes représentaient une totale disparité d’idées. Entre un esclave de plantation, un écologiste né dans le béton et adorateur de Gaia et un chercheur formé aux universités des cartels, il avait été très difficile de jeter des ponts.

La cristallisation avait toutefois fini par prendre et, comme pour compenser sa lenteur, elle avait produit un mouvement très solide et structuré.

La résistance avait besoin de science mais pas de cartels pour la lui vendre, elle souhaitait l’utiliser pour préserver la planète.

Les différentes poches de résistance s’étaient fédérées sur l’idée d’arrêter le conflit, nombre d’écolos modérés avaient quitté les fédérations, nombre de scientifiques avaient quitté les cartels, des soldats des deux camps avaient déserté, tous pour la rejoindre. Les insoumis étaient structurés en une multitude de petites cellules, certaines étaient armées mais elles ne s’étaient jamais risquées à des affrontements directs, essentiellement par manque d’un commandement unique. Les instances dirigeantes du mouvement avaient analysé cette faiblesse et étaient décidées à faire une place au sein de leur conseil à un chef de guerre, mais les candidats crédibles manquaient. Dans l’attente, elles avaient exploité tout leur potentiel scientifique pour s’équiper.

Mais s’il manquait à la résistance son chef de guerre emblématique, elle avait trouvé son homme de l’ombre. Connu sous le nom de Mendelssohn, un pseudonyme qu’il avait lui-même choisi en amateur de musique, il avait déployé un réseau solide ramifié tant du côté des cartels que des fédérations. Il avait aussi été assez habile pour inciter la résistance à profiter de tous ces chercheurs qui désertaient les cartels en leur offrant de continuer leurs recherches. C’est ainsi que la résistance s’était retrouvée en pointe sur les recherches de bio assemblage moléculaire.

La résistance s’intéressait aussi beaucoup à l’espace, surtout depuis que les agents de Mendelssohn avaient rapporté le détail des plans d’appropriation unilatérale de Mars par les cartels.

Il se trouve que la résistance n’était pas très en avance sur les techniques spatiales, le seul projet sérieux recensé était celui de Xieng qui avait été développé comme une application des recherches sur le bio assemblage conduites par Gill et Paul. Un projet prometteur concernant le véhicule mais dans lequel il manquait un élément : la source d’énergie et la propulsion.

Puis un jour, Mendelssohn s’était rendu dans leur labo pour y improviser une discrète réunion. Les participants s’étaient limités à Gill, Paul et Xieng. Il leur avait expliqué que ses agents lui avaient rapporté que Riding Space était sur le point de mettre au point une propulsion gravitonique et que le cerveau de cette opération était leur ami d’enfance : Hugo Dampierre. Il leur avait expliqué sa théorie : s’ils n’avaient de propulsion pour le prototype de Xieng, il fallait aller en chercher une où elle existait : chez leur ami Hugo. Il fallait faire jouer leurs liens d’amitié pour gagner sa confiance et lui extorquer les plans de sa découverte. Paul et Gill avaient été fortement réticents à cette idée parce qu’elle était très dangereuse et semblait totalement irréaliste. Mais Mendelssohn leur avait expliqué le détail de son plan, il n’était pas sans risques mais semblait réalisable. Xieng avait donné son accord. c’est lui qui irait rencontrer Hugo et lui soutirerait les plans, volontairement ou non. L’opération fut nommée la Variante Mendelssohn, personne n’avait questionné Mendelssohn sur ce terme variante qu’il avait tenu à placer devant.

Trois mois plus tard leur laboratoire était pris d’assaut par des forces envoyées par Riding Space. Le cartel avait profité d’une fuite d’informations confidentielles qui indiquaient des percées sur la généralisation du bio assemblage à l’univers macroscopique. Il y avait malheureusement eu plusieurs morts lors de ce coup de main. Heureusement, par un étrange hasard, les chercheurs avaient tous été discrètement déplacés quelques jours avant l’attaque. Mendelssohn savait que ces pertes avaient toujours été un possible prix à payer à la réussite de son plan, cela le crédibilisait même.

La longue phase de sommeil de sa taupe avait démarré, Mendelssohn avait estimé qu’il faudrait peut-être plusieurs années avant que l’heure de l’activation ne sonne et qu’elle ne sonnerait peut-être jamais si l’autre variante était choisie.

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