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J’étais Yves Dampierre, le résistant. Je découvrais la cité d’Ombres dans l’attente de mon envol pour une mission décisive.

Ombres était une étrange citée dont les habitations n’avaient pas été construites : elles avaient germé. La résistance disposait d’une considérable avance dans l’exploitation des biotechnologies et l’exploitait ingénieusement. Tout dans la citée était un curieux assemblage d’écologie et de technologie, la synthèse que fédérations et cartels n’avaient jamais réussi.

J’avais passé une longue semaine avec Mendelssohn pour l’aider à compléter ses connaissances sur les cartels, Rickenbacker nous rejoignait parfois. Devant nous tournait un holo de la Terre sur lequel clignotaient les emplacements des bases taguées avec leur cartel et leurs spécialités. Les contours des fédérations y figuraient aussi avec des statistiques comme l’état de délabrement de leurs institutions, le nombre de combattants ainsi que leur niveau d’expérience. Il y avait aussi de larges zones colorées de gris, ces endroits où plus aucune loi n’avait cours comme le delta du Gange, celui du Nil, le Sud de l’Afrique ainsi que l’Europe centrale. Mendelssohn m’avait dit que ces zones s’agrandissaient chaque jour. L’Amérique du Sud était en grande partie tenu par des cartels, le nord était un patchwork de fédérations plus ou moins intégristes.

Les renseignements que je leur avais fournis avaient dû les mettre en confiance car Mendelssohn m’avait ensuite parlé des forces de la résistance. Il n’y avait pas d’armée au sens stricte du mot mais des groupes indépendants, plus ou moins importants, entrainés de manière non conventionnelle, surtout capable d’opérer des coups de main, sans aucune coordination globale. Rien qui permettait d’engager un conflit frontal. Par contre l’avance qu’ils avaient pris sur les cartels dans le domaine de la nanobiotechnologie et de ses exploitations au monde macro leur permettait de se munir assez rapidement d’appareils volants et d’armes performantes.

Le soir, j’avais réfléchi à cette situation, il leur fallait absolument fédérer ces forces sous un unique commandement, mais pour ça ils avaient besoin de cadres expérimentés. Des cadres, je savais parfaitement où il y en avait, chez NTW. C’est alors qu’avait germé en moi l’idée de contacter mes ex-compagnons de NTW dont je n’avais eu aucune nouvelle depuis ce qui avait dû être qualifié de désertion. Puis m’était revenu en mémoire ce gamin qui m’avait suivi dans ma quête pour trouver Ombres, qu’est-ce qu’il était devenu ? Le lendemain j’avais posé la question à Mendelssohn.

– Il est ici, il est hospitalisé car il était en état de faiblesse lorsque nous l’avons recueilli. Une crise aigüe de dysenterie et un état de fatigue général dû à la sous-alimentation. Il ne savait sans doute pas utiliser un arc comme vous. Il n’a pas dit grand-chose, il est en état de choc.

Dix minutes plus tard j’étais à son chevet. Il s’appelait Tim et m’avait appris qu’après ma trahison inexpliquée mon unité avait été dissoute et ses membres répartis dans les autres unités. Il me dit aussi que NTW était secoué par des luttes de pouvoir, parfois les ordres et les contre-ordres se succédaient si vite que les hommes en avaient assez. Il était finalement assez content de se retrouver ici et pensait rester dans la résistance.

Grâce à Mendelssohn j’avais repris contact avec mes seconds et en quelques semaines une majorité d’entre eux avaient rejoint la résistance. J’avais reformé mon unité de loups. Puis le conseil de la résistance m’avait convoqué, quatre hommes et quatre femmes, dont Rickenbacker et Mendelssohn, spécialement réunis à Ombres ce jour pour une importante décision. Je n’allais en apprendre la teneur que plus tard.

C’est Mendelssohn qui avait pris la parole pour m’expliquer que la résistance était particulièrement forte dans la région de New Chicago. Cette méga agglomération appartenait à la fédération nord-américaine laissée sans tête depuis un coup de force des cartels. La région avait failli dériver dans un état de guerre civile mais la résistance y était suffisamment forte pour se permettre d’y remplacer les structures administratives défaillantes. Toutefois certaines villes étaient tombées sous la domination de milices locales, la plupart du temps dirigées par de petits malfrats qui avaient imposé leur propre loi par la force.

La résistance avait l’intention de prendre le contrôle de toute la région des grands lacs et elle avait souhaité me charger de mener les opérations de pacification des points durs.

J’avais immédiatement accepté, les membres du conseil m’avaient serré la main, certains me prodiguant quelques tapes dans le dos. Ils semblaient tous extrêmement satisfaits.

Quinze jours plus tard, mes hommes et moi avions débarqué à New Chicago où les représentants locaux de la résistance avaient pris le contrôle de la ville. Les anciens dirigeants avaient été emprisonnés dans l’attente d’un jugement. La situation politique n’était pas encore très claire, d’autres villes avaient annoncé leur indépendance en apprenant la nouvelle.

Nous avions assez rapidement repris le contrôle de ces villes. Le cas le plus complexe avait été Madison, une importante force sous la direction d’un truand local, une sorte de cyber monstre pour qui la vie des autres ne comptait que dans la mesure où elle prolongeait la sienne, s’y était retranchée et avait résisté à nos assauts. Une nuit, avec quatre de mes hommes, nous nous étions introduits derrière leurs lignes grâce à des planneurs que leurs détecteurs n’avaient pu tracer. Ce n’avait ensuite été que l’affaire de quelques heures de planque avant que le truand en question ne tombe sous les balles d’un sniper. Au même instant l’assaut avait été donné. Cette stratégie avait limité le nombre de morts à une personne.

Cette bataille nous avait ouvert le contrôle total de la Terre, même s'il faudrait encore des années de lutte larvée pour en expurger ses maux.

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