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J’étais Xieng, un être dont la personnalité était en formation.

Nous avions grandi à l’abri de Monxanto, tranquilles et innocents au fond de notre jungle. Le départ de mes seuls amis et, je le saurai plus tard, du seul être que je n’aimerai jamais, m’ouvrit les yeux sur la réalité pas très brillante du monde.

Les parents de Gill et Paul étaient des scientifiques et des écologistes convaincus, ils n’avaient pas supporté le développement de l’intégrisme et de l’obscurantisme scientifique associé aux confédérations. Ils avaient choisi de rejoindre les rangs des cartels tout en restant très méfiants sur ce qui leur était demandé.

Marthe et John les parents de Gill ainsi que Xavier et Lucie les parents de Paul étaient des sommités dans leur domaine, ils se connaissaient depuis très longtemps lorsque Monxanto avait acheté leurs compétences à prix d’or puis les avaient isolés dans cette plantation perdue au fond de la jungle amazonienne, leur adjoignant Dampierre comme discret chien de garde.

Mais avec l’intensification de la guerre entre les fédérations écolos et les cartels le questionnement était monté dans cette petite communauté de chercheurs sur l’usage de leurs découvertes par les cartels, sur la vision de la science comme une arme contraignante de pouvoir plutôt que comme un outil de libération et développement par le savoir.

Surtout que les dernières demandes de Monxanto dérivaient beaucoup de leur innocence initiale comme ces hybrides hommes-insectes dont la finalité n’avait pas été précisée. Le pur intérêt qu’affichait initialement le cartel agricole à réaliser une avancée majeure sur le concept de bio-assembleur moléculaire avait fait place à une suite de demandes pressantes pour se servir des prémices de cet engin pour produire des armes et surtout de guerriers mutants.

C’est alors que la situation avec Dampierre s’était tendue, du statut de chercheurs choyés ils étaient passés à celui de chercheurs prisonniers. Leurs conditions de vie avaient commencé à s’en ressentir.

Cette tension nouvelle entre leurs parents s’était traduite par une forte tension entre les enfants. Paul en particulier reprochait à Hugo de n’être qu’un mouton sans cerveau qui suivait le chemin tracé par son père. C’était injuste, et il le savait, mais son but réel était tout autre et se nommait Gill. Aveuglé par ses sentiments il ne se rendait pas compte qu’il ne réussirait jamais à éloigner Hugo de Gill avec une telle attitude ? Elle produisait même l’effet inverse car Gill prenait position pour Hugo, et ça l’énervait beaucoup.

Un jour leurs invectives se conclurent par un échange de coups. Ce fut très rapide. Une joute que Paul avait dominée sans problème, sa carrure étant déjà imposante à cette époque.

Hugo, la lèvre fendue, s’était relevé et avait fui en direction de la maison de son père. Il connaissait le réel motif de cette mauvaise querelle. De ce jour il n’eut plus qu’un seul désir : quitter la plantation.

Avant de partir il se confia à moi, son seul ami, ce qui me fit très mal. Ses mots, plaintifs et agressifs, avaient tracé sa future route : comme le monde ne se montrait pas très bienveillant à son égard, il le mépriserait, et comme sa seule présence induisait l’échec, alors il tirerait un trait sur ses sentiments envers Gill. Pour la protéger. Il disparaîtrait de sa vie, et de celle de Paul.

Ce que je n’avais appris que bien plus tard, c’est que Hugo avait rendu une brève visite aux parents de Gill et Paul avant de partir et qu’il leur avait remis ce qui plus tard leur permettrait de partir aussi : les codes de son pères sur le système de sécurité de la plantation.

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